Accueil / Le Cahier de gonflage / La checklist de depart bateau, du local de gonflage au largage
La checklist de depart bateau, du local de gonflage au largage
Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture Par Jimenez Julien
Une liste de depart utile ne recopie pas la reglementation, elle suit le trajet reel du materiel: le ratelier, le chariot, le ponton, le pont du bateau. Voici la checklist complete, dans l ordre des gestes, avec les points de blocage qui doivent arreter le depart plutot que le retarder.
Une checklist n’a de valeur que si elle colle aux gestes. Ici : départ d’un centre qui loue, gonfle sur place et embarque des palanquées, directeur de plongée à bord ou à terre. But : ordonner les vérifications, définir des points de blocage clairs et tracer ce qui a été fait.
Ci-dessous, une procédure prête à l’emploi pour un atelier qui tourne, un ponton chargé et un bateau à l’heure : pas de bloc hors échéance, pas de bouteille d’oxygène vide, pas de débat à bord. Les références au code du sport et à l’arrêté du 23 novembre 1987 cadrent l’ensemble ; la liste suit le trajet du matériel, du râtelier au pont.
La veille au soir, ce qui doit déjà être fait
Gonflage, pression finale et blocs revenus tard
On boucle les gonflages la veille. Après repos thermique, on relit la pression à froid, sans palier improvisé sur la rampe. Les blocs revenus tard d’une profonde sont identifiés, rincés si besoin, et posés sur un râtelier séparé pour contrôle complémentaire. On vérifie filetages, absence de coup sur la robinetterie, et la conformité du couple robinetterie/bouteille au parc déclaré.
On étiquette ou associe chaque bloc à la sortie prévue. On enregistre à chaud le dernier gonflage, la pression finale et tout signalement. On contrôle le poinçon et le marquage de requalification : en cas de doute, le bloc reste au local en attendant vérification documentaire.
Les échéances qui tombent pendant la sortie du lendemain
Rien ne se règle sur le ponton. Inspections visuelles annuelles, requalifications périodiques, révisions des détendeurs, analyses d’air selon NF EN 12021 : tout ce qui échoit le lendemain se traite la veille. On isole l’équipement concerné, on alimente le registre de sécurité, et on planifie l’atelier si nécessaire. Rappels utiles dans les règles d’inspection visuelle et de requalification.
| Élément | Contrôle la veille | Point de blocage demain |
|---|---|---|
| Blocs affectés | Pression à froid validée, marquages lus | Pression ou marquage douteux |
| Détendeurs | Fonctionnement à banc, fuites, flexibles | Fuite non résolue, révision échue |
| Air respirable | Traçabilité de l’analyse selon périodicité | Analyse manquante ou dépassée |
| Bouteille O2 | Pression restante, consommables datés | Pression insuffisante, dates périmées |
Sans étiquettes QR, commencez par étiqueter tout le parc et sortir du classeur. La veille sert à la vérification documentaire, pas à chasser un numéro de série à 7 h 15.
Au local, avant de charger le chariot
Blocs affectés à la sortie et blocs de réserve
On aligne le matériel sur la feuille de palanquée annoncée : effectif, encadrement, air ou nitrox. On affecte bloc par bloc et on prévoit des réserves réalistes. Les blocs embarqués n’excèdent pas l’effectif plus les réserves. Les blocs douteux repérés la veille restent au râtelier écarté, quelle que soit leur pression.
Pour chaque bloc : pression, étanchéité du robinet, bouchon si requis, marquage lisible, pas d’anomalie connue. Une pastille ou un état dans l’outil de suivi matérialise l’autorisation d’embarquement. Un bloc en statut écarté ne quitte pas le local, ni comme réserve, ni pour un moniteur.
Détendeurs, gilets, ordinateurs et lestage
Chaque poste de plongée est apparié : bloc, détendeur compatible, gilet à la taille, ordinateur opérationnel. Détendeurs au banc rapide : purge, lecture interstage si disponible, fuites. On teste inflateurs et purges des gilets. Si possible, on embarque un ou deux ordinateurs de secours, batteries vérifiées.
Le lestage se prépare en bacs fermés, quantités notées pour le retour. Ordinateurs et gilets en alerte maintenance sont isolés. Règle absolue : tout matériel en statut écarté reste au local. Mieux vaut une palanquée de moins qu’un doute qui mettra le directeur de plongée en porte à faux.
Sur le ponton, avant embarquement
Comptage contradictoire du matériel embarqué
Le ponton est le temps du double comptage : une personne charge, une coche. On compte à voix haute et on coche en face du matériel affecté. Nombre de blocs, détendeurs, gilets, ordinateurs, palmes, bacs de lest : alignement strict avec la feuille de sortie. Ce comptage sert aussi de mémoire au retour : on saura exactement ce qui doit remonter à bord.
On inscrit les numéros utiles ou on scanne les étiquettes si le parc est tracé. Toute divergence avec le prévu se traite là. Un remplacement part du local, jamais d’un emprunt sur un autre chariot.
Vérification des robinetteries et des pressions
Avant passage sur le bateau : robinetteries fermées, butées franches, pas de fuite audible. Un contrôle de pression ponctuel confirme l’état et détecte une chute depuis la veille. Les blocs nitrox sont identifiés, robinets compatibles, traçabilité du mélange disponible si la structure en propose.
Ce contrôle évite le bloc vide au premier palmage. Exemple à relire : le cas d’un bloc hors échéance repéré au ponton. Mieux vaut rater un départ que gérer un demi-tour avec des clients équipés. Toute anomalie renvoie le matériel au local.
Le matériel de secours à bord
Oxygénothérapie, insufflateur et masques
On contrôle la bouteille d’oxygène de secours : pression suffisante, robinetterie dédiée, détendeur O2, insufflateur et masques adaptés, tubulures en bon état. Accessibilité immédiate : pas de caisse coincée. Essai d’ouverture et de débit sans vider. Consommables datés (valves unidirectionnelles, filtres) vérifiés.
La présence et la disponibilité du matériel de secours sur le lieu de plongée relèvent des articles A. 322-71 et suivants du code du sport. On ne liste pas de mémoire : on se reporte au texte pour vérifier l’adéquation du lot à l’activité et à l’organisation du directeur de plongée.
Trousse de premiers secours et couverture isothermique
La trousse est ouverte et contrôlée : contenu sec, stérile si requis, pas de consommable périmé. On vérifie la couverture isothermique, l’accès à l’eau douce pour rinçage oculaire si prévu, et la présence d’un moyen contre l’hypoglycémie si protocole interne. Tout manque déclenche un réassort avant embarquement.
Le moyen d’alerte fonctionne : VHF testée, batterie chargée, bouton d’appel connu, fiche de sécurité de la plongée à jour avec les coordonnées utiles. L’arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires peut s’appliquer selon le type et l’armement. Pour les textes, on renvoie à les textes consolidés sur Légifrance, et on trace dans le registre le contrôle effectué.
La validation avant largage
Qui signe, quand et sur quoi
Validation nominative par le directeur de plongée, au dernier moment utile, une fois comptage terminé, secours contrôlés et palanquées confirmées. Elle porte sur la liste du jour : matériel embarqué, réserves, présence et état des secours, accessibilité. On archive avec la feuille de sortie et l’extrait pertinent du registre de sécurité.
La signature n’efface pas une non-conformité : elle atteste la vérification et fige l’état du départ. Support papier ou dématérialisé si vous utilisez une checklist du matin, avec traçabilité de l’utilisateur et horodatage.
Les trois motifs qui doivent arrêter le départ
Trois causes bloquent, sans escalade ni arrangement:
- Un équipement hors échéance embarqué: bloc, détendeur, gilet, ordinateur, VHF, ou compresseur destiné à un gonflage à bord, dès lors qu’une échéance réglementaire ou de maintenance interne est échue.
- Un élément de secours manquant ou insuffisant: bouteille d’oxygène de secours vide ou incomplète, trousse inopérationnelle, moyen d’alerte défaillant, fiche de sécurité absente.
- Un écart entre le comptage et le matériel affecté: nombre de postes insuffisant, mauvaise répartition par palanquée, ou un poste équipé avec un matériel écarté.
Dans ces trois cas, on traite au local. Le rattrapage à bord expose tout le monde. Le blocage de l’embarquement des matériels non conformes est un garde-fou, pas une option.
Au retour, la moitié oubliée de la checklist
Rinçage, séchage et remise au râtelier
On applique le comptage inverse. Tout ce qui est monté revient, ou est tracé comme laissé au bateau si c’est l’organisation. Détendeurs purgés et rincés, gilets rincés interne/externe si prévu, ordinateurs coupés et contrôlés. Séchage sur râtelier ventilé, pas en caisse. Les blocs sont posés robinets fermés, avec une pression résiduelle conforme à la pratique du centre, en attente du prochain gonflage.
On note les besoins d’intervention : flexible raide, purge collante, manomètre douteux. Si une anomalie empêche un ré-embarquement sûr le lendemain, l’équipement passe en statut écarté immédiatement et sort du flux.
Signalements à chaud et matériel à consigner
Les signalements se saisissent à chaud, avant le rangement. Ce qui est noté le lendemain est souvent perdu. On enregistre : identification, symptôme observé, palanquée et contexte, photo si pertinent, et on assigne l’action atelier. En cas d’incident, on ouvre le dossier, on relit la fiche d’équipement et on met de côté pour relecture avec l’assureur si nécessaire.
Le registre de sécurité est mis à jour le jour même. En cas de contrôle DRAJES ou DDETS, reconstituer la chaîne de vérifications à la date de la sortie est déterminant. Pour un panorama des pièges courants, voir six erreurs de suivi du parc qui se paient le matin de la sortie. Ce qui est consigné au retour prépare la veille du lendemain.
Pour conclure, une checklist qui tient le départ
Une checklist utile commence la veille, filtre au local, compte sur le ponton, se signe avant largage. Elle ne laisse rien passer : ni bloc hors échéance, ni secours incomplet, ni comptage bancal. Elle documente ce qui a été vu et constitue le dossier de la sortie.
Pour automatiser l’écartement des matériels non conformes, générer la liste du jour et garder la validation nominative avec horodatage, voyez la checklist de départ automatisée dans Palanquea. Elle s’intègre à un parc étiqueté et fonctionne hors ligne au local comme sur le bateau. Le lendemain, vous recommencez, dans le même ordre, pour une journée qui démarre sans débat.
Du poinçon au ponton
Palanquea tient chaque équipement du parc avec son numéro de série, ses échéances réglementaires et son historique d’interventions, puis génère chaque matin la checklist de départ de la sortie du jour. Le matériel hors échéance est écarté avant l’embarquement, et sa mise en location à un client payant est bloquée.
La démonstration se fait sur vos familles de matériel et sur vos périodicités, pas sur un parc fictif. Dites nous combien d’équipements vous suivez et combien de bateaux vous armez.
Demander une démonstration de Palanquea
L’auteur
Jimenez Julien
Il conçoit et édite Palanquea, logiciel de suivi de parc, d’échéances réglementaires et de checklist de départ pour les centres de plongée commerciaux et les clubs propriétaires de leur matériel. Avant d’écrire le moteur d’échéances, il a suivi des campagnes d’inspection visuelle en local technique et des préparations de sortie sur le ponton, en métropole littorale comme outre mer.
À lire aussi dans Le Cahier de gonflage
Trois articles qui prolongent celui ci, du relevé des poinçons au largage du matin.
L annee du responsable materiel, de la remise en service a l hivernage
Les echeances d un parc de plongee ne tombent pas au hasard: elles se regroupent, se preparent et se subissent selon la maniere dont l annee a ete organisee.
Ce qui change dans le suivi du materiel des centres de plongee
Les regles de fond bougent peu, mais le niveau de preuve attendu, lui, monte.
Inspection visuelle et requalification: ce que le texte impose vraiment
Deux operations distinctes, deux intervenants differents, deux traces documentaires qui ne se remplacent pas.